Une année burnée

J’adore Facebook, j’adore son appli « affichez vos souvenirs ». J’adore avoir redécouvert mon article en prémice au burn-out d’il y a un an jour pour jour.

Alors est-ce que j’ai vraiment été en burn-out ? Aujourd’hui je me rends compte que oui. Un burn-out, ça ne se reconnait pas toujours d’emblée. C’est sournois et insidieux. Ce n’est pas forcément une grosse crise de nerf ou une dépression. C’est un ensemble de petites choses et de signaux qui font que non, ça ne va pas tant que ça, même si tout va bien.

C’est avoir le coeur au bord des yeux et pleurer pour un oui pour un non.

Être fatiguée, tout le temps, même quand on dort bien.

Crier plus que de raison, crier puis pleurer, pleurer puis crier.

En vouloir à tout le monde parce qu’ils ne comprennent pas, parce qu’ils ne voient pas que tu te noies, dans un verre d’eau ou dans l’océan ce n’est pas la question, mais tu te noies.

Faire des choses qui ne nous ressemblent pas. Donner une puis deux gifles. Ne plus cuisiner et leur donner des chips au dîner, une fois, deux fois, dix fois. Ne plus respecter ses principes, ne plus avoir de principe.

Ne plus avoir de vie sociale parce que chaque seconde de libre sera utilisée à dormir ou looser sur le canapé.

Ne pas être la mère qu’on a envie d’être.

Et puis parfois c’est le corps qui parle. Mon corps à moi a produit de l’acidité en grande quantité, brûlant tout sur son passage, mon estomac, mon oesophage, ma gorge. Mon corps avait envie que je m’écoute, parce que se plaindre ça ne suffit pas et pleurer non plus parfois. Alors j’ai été en maladie, j’ai eu des examens, des traitements, des médecins se sont penchés sur moi, mes proches se sont arrêtés et m’ont écouté, ils se sont inquiétés, c’est ce qu’il me fallait. Mon corps a voulu que je sois gentille avec lui, que j’arrête de le gaver, je l’ai écouté.

Ca a été le déclic pour moi. Un déclic pour m’occuper de moi. M’inscrire au code, me faire aider en prenant de temps en temps une baby-sitter ou en appelant la famille au secours, en me plongeant à fond dans de nouvelles amitiés, de nouvelles connaissances, en reprenant ce blog et toutes les choses qui me font plaisir. Quand le plaisir et l’envie reviennent c’est gagné.

Je ne dis pas que je ne crie plus jamais, que je ne pleure plus, que je ne les colle plus devant un (ou dix) dessin animé le temps de souffler.

Mais fondamentalement quelque chose en moi a cédé, une petite voix qui me venait depuis avant, avant les enfants et que je n’écoutais plus, une petite voix m’a interpellée et je ne suis pas prête de me boucher de nouveaux les oreilles.

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