Il y a l’avant et il y a l’après : la charge mentale 

Lire cette so famous bd d’Emma m’a fait un véritable choc. 

Mais oui. C’est ça. C’est exactement ça. Une révélation. La colère est venue ensuite, la honte aussi. Comment et pourquoi continuer d’accepter ça ?

C’est ce que je n’arrive pas à expliquer à mon copain quand je lui dis que je n’en peux plus, que je fais tout dans cette maison, que je suis fatiguée. 

Merci Emma, vraiment. Ton texte m’a donné une arme, un argument, un outil de défense. Un nom sur mon mal-être et sur ma tête qui explose.

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Une raison à cette haine qui me prend quand juste après le dîner mon compagnon se pose avec un bouquin et que je trottine dans la maison en mode « préparer les vêtements pour demain-mettre les goûters dans les cartables-signer les mots dans les cahiers-envoyer un message à la baby-sitter pour confirmer pour mercredi- aller éteindre la clim dans les chambres et remonter les draps sur les petits corps endormis ». Et qu’ensuite il m’accueille avec un « ba alors qu’est-ce ce que tu faisais ? ».

Un mot sur ma colère quand il m’appelle pendant qu’il fait les courses (en suivant une liste de courses made by me of course) pour me demander s’il « faut acheter le jambon par 4 ou par 6 », « avec ou sans couenne », « de la marque ou pas de la marque ».

C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase quand mes collègues viennent me demander s’il reste des stylos verts ou des craies, du café ou du papier toilette (oui, au travail aussi je suis leur mère à tous…).

L’une des raisons pour lesquelles certaines amies proches (coucou ma poulette) se séparent de leurs amoureux. 

Un tue-l’amour. Un bâton dans les roues du quotidien.
Merci pour toutes les discussions (ok, disputes) que ça a pu provoquer dans mon couple et chez les autres, pour l’effet boule de neige et traînée de poudre. 

La charge mentale, bordel.

Rien de neuf sous le soleil

Je reviens régulièrement, et puis je repars. Sans raison. Juste le manque de temps, d’idées, de motivation. J’ai tellement changé. Ou si peu finalement. Avant de publier cet article j’ai relu mon avant-dernier post. Sur mon burn-out. Et puis j’ai pleuré un peu.

Mon dieu que c’est long ces choses-là. Oui je vais mieux, je m’en suis sortie, j’ai beaucoup changé. Mais finalement, à y regarder de plus près, j’ai toujours un pied dedans.

J’ai perdu des kilos, des angoisses et des mauvaises habitudes. J’ai gagné en sérénité, en patience avec mes filles. J’ai gagné des amis, de la confiance en moi. Mon couple s’est fortifié, comme si me dévoiler humaine finalement, plutôt que « surhomme » nous avait rapprochés.

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J’ai perdu mon dernier grand-père. Je n’ai plus de grands-parents. J’ai repris des kilos et des mauvaises habitudes, mon corps me rappelle souvent à l’ordre. J’ai eu le permis de conduire, qui pour moi signifie beaucoup.

Je continue sur Facebook ma vie d’ex-blogueuse. Et parfois je me demande à quoi ça rime d’être là-bas, connectée avec vous, alors que je ne partage plus rien ici. Comme une vie parallèle. Vous m’apportez beaucoup. Vous êtes mon côté sombre et mon côté obscur. Je commence seulement à me dévoiler ainsi dans ma « vraie » vie. Avec mes amis, au travail, avec mon chéri.

Je navigue entre la vie idéale que j’ai toujours souhaitée et des moments d’angoisse terribles. Mon dieu je suis malade je vais mourir. Mon dieu que je suis heureuse quelle vie parfaite. L’histoire de ma vie…

L’histoire de ma vie c’est aussi l’inconsistance et l’inconsistance c’est de revenir ici sachant que je n’arriverai sans doute pas à m’y tenir. Mais après tout, quelle importance ? Prendre ce qu’il y a à prendre, c’est un objectif qui me semble réalisable !

A bientôt !

Une année burnée

J’adore Facebook, j’adore son appli « affichez vos souvenirs ». J’adore avoir redécouvert mon article en prémice au burn-out d’il y a un an jour pour jour.

Alors est-ce que j’ai vraiment été en burn-out ? Aujourd’hui je me rends compte que oui. Un burn-out, ça ne se reconnait pas toujours d’emblée. C’est sournois et insidieux. Ce n’est pas forcément une grosse crise de nerf ou une dépression. C’est un ensemble de petites choses et de signaux qui font que non, ça ne va pas tant que ça, même si tout va bien.

C’est avoir le coeur au bord des yeux et pleurer pour un oui pour un non.

Être fatiguée, tout le temps, même quand on dort bien.

Crier plus que de raison, crier puis pleurer, pleurer puis crier.

En vouloir à tout le monde parce qu’ils ne comprennent pas, parce qu’ils ne voient pas que tu te noies, dans un verre d’eau ou dans l’océan ce n’est pas la question, mais tu te noies.

Faire des choses qui ne nous ressemblent pas. Donner une puis deux gifles. Ne plus cuisiner et leur donner des chips au dîner, une fois, deux fois, dix fois. Ne plus respecter ses principes, ne plus avoir de principe.

Ne plus avoir de vie sociale parce que chaque seconde de libre sera utilisée à dormir ou looser sur le canapé.

Ne pas être la mère qu’on a envie d’être.

Et puis parfois c’est le corps qui parle. Mon corps à moi a produit de l’acidité en grande quantité, brûlant tout sur son passage, mon estomac, mon oesophage, ma gorge. Mon corps avait envie que je m’écoute, parce que se plaindre ça ne suffit pas et pleurer non plus parfois. Alors j’ai été en maladie, j’ai eu des examens, des traitements, des médecins se sont penchés sur moi, mes proches se sont arrêtés et m’ont écouté, ils se sont inquiétés, c’est ce qu’il me fallait. Mon corps a voulu que je sois gentille avec lui, que j’arrête de le gaver, je l’ai écouté.

Ca a été le déclic pour moi. Un déclic pour m’occuper de moi. M’inscrire au code, me faire aider en prenant de temps en temps une baby-sitter ou en appelant la famille au secours, en me plongeant à fond dans de nouvelles amitiés, de nouvelles connaissances, en reprenant ce blog et toutes les choses qui me font plaisir. Quand le plaisir et l’envie reviennent c’est gagné.

Je ne dis pas que je ne crie plus jamais, que je ne pleure plus, que je ne les colle plus devant un (ou dix) dessin animé le temps de souffler.

Mais fondamentalement quelque chose en moi a cédé, une petite voix qui me venait depuis avant, avant les enfants et que je n’écoutais plus, une petite voix m’a interpellée et je ne suis pas prête de me boucher de nouveaux les oreilles.

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La Petite Lolie

La petite Lolie, elle est comme toi, elle est comme moi.

L’école elle aime bien ça mais elle aime encore mieux rester avec sa maman et son papa

La petite Lolie elle a de la chance, quand ses copines restent à la cantine manger du pipi au brocolis avec Sylvie, elle rentre chez elle avec maman, manger du riz, boire du jus de fruits et même se faire des guilis guilis.

La petite Lolie à 4h30 repart avec maman et un pain au chocolat pendant que Noa reste dans la cour toute froide ou bien dans le gymnase qui sent les chaussettes.

La petite Lolie le mercredi fait du poney avec maman, elle va à la piscine, invite Julie et va au café prendre le goûter.

Mais aujourd’hui, la maman de Lolie lui a dit que tout ça c’était fini. Fini le guili du midi, le pain au chocolat du gouter et la piscine du mercredi. Parce qu’elle a trouvé un travail.

Et c’est bizarre parce que maman elle a même pas l’air triste que ça soit fini, elle sourit. Alors que la petite Lolie, dans son cœur, elle pleure fort. Mais elle dit à maman « d’accord ».

Maintenant, la petite Lolie aussi mange du pipi au brocolis avec Syvie le midi, va au gymnase à chaussettes après le goûter et au poney le mercredi, mais plus avec maman, avec le centre aéré.

Maintenant, maman est fatiguée le soir et la presse le matin, et l’inverse aussi « aller hop hop Lolie, enfile tes bottes on va être en retard ! », « Loliiiiie, ne t’essuie pas sur mon pull ! » « aller hop hop Lolie, dépêche toi de finir ton dîner, faut aller au lit maintenant ». Elle ne fait presque plus de guilis guilis. Elle sourit moins aussi.

Maintenant, la petite Lolie est fatiguée le soir aussi. Elle crie, s’énerve et envoie valser son riz. Elle aime plus le riz d’ailleurs. Elle aime plus rien d’ailleurs. Demande si la cantine c’est pour toute la vie ? Elle dit même à sa maman qu’elle sent le vomi.

Alors maman cajole, console, rassure, explique et sourit. Elle lui explique sa nouvelle vie, lui dit qu’on va s’habituer, qu’elle aussi au fond, ça lui manque le riz au guili-guili.

La petite Lolie n’est plus si petite que ça aujourd’hui. A la cantine, elle a 3 copines. Elle fait même des boulettes avec ses brocolis qu’elle jette dans les cheveux de Sylvie. Et puis le gymnase à chaussettes finalement c’est chouette, on peut même y faire des galipettes.

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Maman sourit aujourd’hui, même si parfois elle crie fort. Elle arrive à faire les deux en même temps d’ailleurs.

Et Lolie ? Lolie ne sait pas. C’était plus mieux bien avant, quand elle avait maman rien que pour elle, mais parfois laisse échapper un « chouette y a école aujourd’hui ». Lolie est petite et grande à la fois, et finalement, sa maman aussi…

Le bruit de la pluie

Il y a des jours où tout s’enchaîne parfaitement.

Le week-end de pont, 4 jours à 4, la pluie, les crêpes, les châtaignes, la balade trempée et les sauts dans les flaques, le salon qui au fil de la journée ressemble de plus en plus à une salle de jeux, son rire dans le bain, aller hop on fait sauter la sieste c’est pas si grave et puis ça n’arrive jamais, la purée maison mousseuse dont on se gave, ça se voit que je suis pas maquillée ?

Il y a des livres que je ne peux pas raconter à ma fille sans pleurer en les lisant.

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Et puis pas mal de chansons aussi, qui me font monter les larmes quand je les fredonne et qui finissent en trémolos. En fait, il y a peu de choses que je peux voir, lire ou entendre sans pleurer. Mais j’aime ça, ça me fait me sentir vivante. Trop vivante, parfois c’est douloureux, mais souvent j’aime bien ça.

Il y a des moments où moi qui ne croit en rien, vraiment rien, je crois que j’ai une bonne étoile. Aujourd’hui ma vie est comme je l’imaginais. Je ne l’ai jamais vraiment imaginé en fait, mais si je l’avais fait, elle serait comme ça je crois. Sauf peut-être ça et ça.

Et puis cette journée, cette harmonie, cette envie de troisième bébé qui parfois s’éloigne parce que et si c’était moins parfait après ?

Et puis l’odeur des châtaignes au four surtout.

Et puis le bruit de la pluie.