La tête dure

C’était une journée parfaite. Au soleil, avec des amis, à la plage avec des enfants de mêmes âges que les filles. Jeux, tranquillité, discussions, soleil, pique-nique et rosé. On s’apprêtait à partir de la plage quand ça s’est produit.FullSizeRender (2)Mon chéri et ma grande sont montés dire au revoir à la mer de l’autre côté des rochers. Ma grande s’est jetée dans les bras de son papa, qui est tombé en arrière en emportant sa fille avec lui. Son magnifique réflexe, c’est de l’avoir protégée de sa tête et de ses bras. Elle est à peine éraflée à part cette plaie à la tête qui m’inquiète. Lui a tout pris, il est rempli de bleus, de bosses et de coupures. Leur réaction m’émeut. Il s’inquiète d’elle alors qu’il est presque évanoui, elle pleure en disant qu’elle s’inquiète pour son papa alors qu’elle saigne du crâne, à flot sur sa belle robe.

Je tremble, c’est la panique dans mon cerveau, je ravale mes larmes et je gère. Même si la vue de son crâne à vif me retourne l’estomac et que je guette avec appréhension mon chéri qui lutte pour ne pas tourner de l’oeil.

Voilà, ce n’était pas grande chose, même pas un drame, même pas besoin d’aller aux urgences. Le pire aurait pu arriver, un coup à la tempe, une arête de rocher un peu plus pointue, le cou tordu. Finalement ils ont eu de la chance.FullSizeRender (3)Pendant ce temps-là, ma petite qui n’a rien vu, rien entendu, continue de remplir son seau.

On rentre au ralenti, le corps et le coeur un peu amochés, on prend un goûter-dîner devant un dessin animé pendant que je nettoie, désinfecte, appelle le SAMU pour avoir leur avis. J’espère garder en mémoire ces images paradisiaques plutôt que la vue de ces rochers où ça s’est produit.
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Voilà, c’est fini, c’est presque oublié. C’était quand même une belle journée.

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et le maternage dans tout ça ?

Le maternage, quand on a deux grandes filles de 2 ans et demi et presque 6 ans (oh mon dieu !!), ça ne veut plus dire grand chose, finalement. Le cododo, c’est fini et ça n’a même jamais commencé avec ma plus petite qui n’aime pas ça, je ne les porte plus en porte-bébé sauf cas très rares de randos et longues balades… L’allaitement s’est terminé très tôt avec ma toute petite, et les couches lavables, il n’en a jamais été question. Ca, c’est le combo de base du « maternage », non ?

Aujourd’hui, j’essaie de les éduquer au maximum de façon « bienveillante », mais ce n’est vraiment vraiment pas toujours évident avec ce rythme de barjot et la patience qui s’émousse. Ca veut dire quoi, une éducation bienveillante ? J’imagine que ça veut dire être au plus proche des émotions de son enfant et l’écouter, essayer de le comprendre avant de s’énerver, se mettre à sa hauteur pour lui parler, ne pas (trop) crier et ne pas (trop) punir, ne pas partir du principe qu’un enfant est un être capricieux et sournois qui cherche à te faire plier, essayer de se faire obéir sans devoir user du chantage ou de la menace. Grosso modo. Je n’y arrive pas toujours évidemment. Comment réussir à ne pas s’énerver quand chaque matin ta grande fait une colère au sujet de son manteau qu’elle ne veut pas mettre, ou quand ta petite prend ses chocapic par poignées et les jette volontairement par terre puis te dit « ramasse maman » ? -_- Comment ne pas avoir envie de gifler quand systématiquement chaque soir, chaque soir, ta grande pleure et hurle parce qu’elle ne veut pas monter les 4 étages (mais que toi tu portes déjà la petite, pas si petite que ça, ton sac à main, le cartable et la plupart du temps un ou deux sacs de courses) et que ça raisonne dans la cage d’escalier et que tes voisins viennent voir ce qui se passe  et qu’elle est allongée par terre à sangloter ?FullSizeRender (1)

Evidemment, je crie, je dis même des méchancetés, parfois j’isole dans la chambre ou je menace (tu n’auras pas d’histoire, tu nous soules -_- )…

Mais j’essaie chaque jour de respecter mon idéal, surtout que ça fonctionne. Oui, les colères et les crises se calment bien plus vite si tu t’assois avec ton enfant en le serrant dans tes bras et que tu lui dis que tu comprends qu’elle est en colère et fatiguée, oui, les bêtises se réparent d’elles mêmes si tu ne hurles pas (faire passer l’éponge, ramasser les choses jetées à terre, etc). Oui, je l’affirme, ça fonctionne bien mieux que crier, punir, hurler ou mettre des gifles (déjà 3 à mon actif malheureusement)… Mais quel sacerdoce et quels efforts !

L’envers de la photo

Tout a commencé ce week-end, quand j’ai envoyé à ma mère cette belle photo ensoleillée et souriante de notre famille sur la plage un 1er novembre.  Elle m’a répondu qu’on était beaux, qu’on était jeunes, qu’on avait l’air heureux. Et qu’elle m’enviait. Cette photo, j’aurai aussi pu la poster sur Facebook ou sur Instagram, ce à quoi j’aurai certainement récolté pléthore de cœurs et de « la chaaaaance ».

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L’envers du décor c’est que tout n’est pas si bleu que sur cette photo. L’envers du décor c’est que j’ai encore fini la journée en pleurant. Mes filles aussi. Je n’en peux plus de cette vie où c’est la course permanente. Comment trouver du temps pour moi, pour mon couple, pour mes filles ensemble et individuellement parce qu’elles en ont aussi terriblement besoin, pour faire du sport, pour passer mon permis, pour voir ma psy, pour voir mes amis. Je m’occupe de mes filles quasiment en solo à cause du travail de monsieur, de la maison aussi. Et je n’arrive pas à gérer. Comment vous faites vous ? Moi je stresse, je laisse tomber mes principes éducatifs, je crie, je pleure et elles aussi. Une foirade totale.

Voila c’est ça, l’envers de la photo.

C’est aussi que j’ai l’air jolie comme ça avec mes 10 kilos en moins mais la vérité, c’est que j’ai dû les perdre à cause d’un problème à l’estomac, apparu en grande partie au stress. Je ne peux plus rien avaler. Au propre comme au figuré. Quelle ironie cette maladie, tellement révélatrice de mon état d’esprit ces deux dernières années. L’envers du décor c’est que par moments mon couple ne tient qu’à un fil, celui des enfants.

L’enfer du décor c’est que je voudrai du temps, du calme, du silence. Parfois, juste parfois, je regrette presque d’avoir des enfants.

Mais pour l’instant, laissez-moi rêver que c’est bien nous sur la photo.

Le temps de l’Avent

Petite, j’ai grandi dans une famille assez catho. Pour nous donc, le calendrier de l’Avent, c’était une belle image de crèche et 24 petites fenêtres avec dessins d’anges, de bougies, et d’agneaux pour finir le 25 avec Jésus, point barre. J’aimais bien finalement, même si je jalousais mes copines qui se gavaient de chocolat chaque jour.

Du coup pour ma grande j’ai d’abord choisi un calendrier rempli de chocolats, surtout que nous ne sommes absolument pas croyants.Et puis au fil des jours sont intérêt s’est émoussé, le dégoût a pointé et elle a fini par nous donner ses chocolats quand elle n’oubliait pas d’ouvrir ses petites fenêtres.

Le calendrier K**** à la poubelle ! Ca ne nous a pas amusé, ça ne faisait pas Noël et le gavage aux petits œufs 100% glucose dés le réveil, non merci !

Cette année on a donc fait plus sobre, plus soft, avec un entre-deux qui nous convient bien : un joli livre-calendrier où l’on découvre chaque jour un personnage de la petite histoire (des animaux qui s’entraident et fêtent Noël ensemble), en pop-up. Mignon, doux, poétique et dans l’esprit de Noël.

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Je suis sûre que cette année, elle va être plus assidue !

Si ça vous intéresse c’est celui-ci : Le Calendrier de l’Avent Pop-Up du Petit Hérisson

La question subsidiaire de l’année c’est, sapin ou pas ? Sachant qu’on part pour 2 semaines le 19 décembre, que le week-end du 6-7 nous ne sommes pas là et que le samedi 13 je me tape seule les 5 ans de ma grande avec 6 copains et petite sœur terrible à surveiller : je suis moyen motivée on va dire !

Et vous, calendrier de l’Avent ? Sapin ? Quelles sont vos traditions ?

(Je vous l’ai dit ou pas ? J’ADOOOOOOORE Noël)

La Petite Lolie

La petite Lolie, elle est comme toi, elle est comme moi.

L’école elle aime bien ça mais elle aime encore mieux rester avec sa maman et son papa

La petite Lolie elle a de la chance, quand ses copines restent à la cantine manger du pipi au brocolis avec Sylvie, elle rentre chez elle avec maman, manger du riz, boire du jus de fruits et même se faire des guilis guilis.

La petite Lolie à 4h30 repart avec maman et un pain au chocolat pendant que Noa reste dans la cour toute froide ou bien dans le gymnase qui sent les chaussettes.

La petite Lolie le mercredi fait du poney avec maman, elle va à la piscine, invite Julie et va au café prendre le goûter.

Mais aujourd’hui, la maman de Lolie lui a dit que tout ça c’était fini. Fini le guili du midi, le pain au chocolat du gouter et la piscine du mercredi. Parce qu’elle a trouvé un travail.

Et c’est bizarre parce que maman elle a même pas l’air triste que ça soit fini, elle sourit. Alors que la petite Lolie, dans son cœur, elle pleure fort. Mais elle dit à maman « d’accord ».

Maintenant, la petite Lolie aussi mange du pipi au brocolis avec Syvie le midi, va au gymnase à chaussettes après le goûter et au poney le mercredi, mais plus avec maman, avec le centre aéré.

Maintenant, maman est fatiguée le soir et la presse le matin, et l’inverse aussi « aller hop hop Lolie, enfile tes bottes on va être en retard ! », « Loliiiiie, ne t’essuie pas sur mon pull ! » « aller hop hop Lolie, dépêche toi de finir ton dîner, faut aller au lit maintenant ». Elle ne fait presque plus de guilis guilis. Elle sourit moins aussi.

Maintenant, la petite Lolie est fatiguée le soir aussi. Elle crie, s’énerve et envoie valser son riz. Elle aime plus le riz d’ailleurs. Elle aime plus rien d’ailleurs. Demande si la cantine c’est pour toute la vie ? Elle dit même à sa maman qu’elle sent le vomi.

Alors maman cajole, console, rassure, explique et sourit. Elle lui explique sa nouvelle vie, lui dit qu’on va s’habituer, qu’elle aussi au fond, ça lui manque le riz au guili-guili.

La petite Lolie n’est plus si petite que ça aujourd’hui. A la cantine, elle a 3 copines. Elle fait même des boulettes avec ses brocolis qu’elle jette dans les cheveux de Sylvie. Et puis le gymnase à chaussettes finalement c’est chouette, on peut même y faire des galipettes.

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Maman sourit aujourd’hui, même si parfois elle crie fort. Elle arrive à faire les deux en même temps d’ailleurs.

Et Lolie ? Lolie ne sait pas. C’était plus mieux bien avant, quand elle avait maman rien que pour elle, mais parfois laisse échapper un « chouette y a école aujourd’hui ». Lolie est petite et grande à la fois, et finalement, sa maman aussi…